Levan Khabeishvili, figure de proue de l’opposition et ancien président du mouvement United National Movement (UNM), a été condamné le 21 mai 2026 à deux ans et demi de prison, après son arrestation en septembre 2025 pour avoir appelé à une “révolution pacifique” le jour des élections municipales du 4 octobre 2025. Les magistrats l’ont reconnu coupable d’accusations graves — sabotage et incitation à un coup d’État — qui s’inscrivent dans une série de poursuites engagées après les tensions provoquées par le boycott et les manifestations de l’opposition.
Cette condamnation s’inscrit dans un contexte judiciaire et politique plus large : dans les suites des événements du 4 octobre, qui avaient vu des manifestants tenter d’entrer dans le palais présidentiel et des interventions policières musclées (gaz lacrymogènes, canons à eau), plusieurs dizaines de personnes ont été placées en détention préventive. Des peines lourdes ont déjà été prononcées contre des personnalités — politiques, artistes, et activistes — et, parallèlement, un nombre croissant de prévenus se voit proposer des accords de plaider‑coupable. Les autorités ont récemment fait valider des accords par lesquels des détenus obtiennent des peines avec sursis après avoir reconnu leur culpabilité et exprimé des remords ; au 10 juin, au moins 22 personnes avaient quitté la prison après l’approbation de tels accords
Les observateurs critiques voient dans la combinaison de procès, de condamnations sévères et de plaider‑coupable généralisés une stratégie qui fragilise l’espace politique : dissuasion des opposants, fragmentation de la contestation et pression sur les inculpés pour qu’ils acceptent des issues judiciaires négociées plutôt que d’affronter des procès longs et risqués. Pour ses partisans, le gouvernement, au pouvoir depuis 2012, invoque la défense de l’ordre et accuse des groupes d’opposition de visées déstabilisatrices ou pro‑violence ; il rejette les critiques d’autoritarisme.
Nous, PCV, demandons :
- Un examen indépendant et international des procédures pénales liées aux événements du 4 octobre : accès complet aux dossiers, garanties d’un procès équitable pour les personnes poursuivies, et transparence sur l’usage des détentions préventives.
- La mise en place d’une mission d’observateurs judiciaires (UE/Couverture OSCE) pour évaluer la conformité des poursuites aux standards européens, et pour surveiller l’usage des accords de plaider‑coupable afin d’écarter toute pression induite sur les prévenus.
- La libération ou la révision des peines des personnes dont les dossiers montrent des indices de procèdures politisées, et la suspension des poursuites contre les acteurs politiques pour des infractions liées exclusivement à l’exercice pacifique du droit d’expression et de réunion.
- Des réformes concrètes pour restaurer la confiance : limitation de la détention préventive, protections contre les accusations instrumentalisées politiquement, garanties d’accès libre aux médias et aux avocats de confiance.
Sources
- https://www.internazionale.it/ultime-notizie-reuters/2026/05/21/georgia-jails-opposition-figure-who-urged-peaceful-revolution-for-2-1-2-years
- https://www.usnews.com/news/world/articles/2026-05-21/georgia-jails-opposition-figure-who-urged-peaceful-revolution-for-2-1-2-years
- https://civil.ge/archives/738067


