Indonésie : poursuites contre des défenseurs des droits humains

À l’été 2025, d’importantes mobilisations ont eu lieu en Indonésie pour protester contre des mesures économiques jugées inéquitables, notamment des hausses massives de taxes foncières et des coupes budgétaires dans les secteurs sociaux.
La réponse des autorités a été marquée par un usage excessif de la force et des arrestations massives : plus de 4 000 personnes interpellées, dont des mineurs et des journalistes. Plusieurs organisations ont dénoncé une répression visant à dissuader toute contestation.
Au centre de cette vague répressive se trouvent huit militants emblématiques :
Delpedro Marhaen Rismansyah, Muzaffar Salim, Khariq Anhar, Syahdan Husein, Wawan Hermawan, Saiful Amin, Shelfin Bima Prakosa et Muhammad « Paul » Fakhrurrozi.
Ces défenseurs des droits humains, impliqués depuis des années dans l’aide juridique aux manifestants, la transparence publique et les mouvements étudiants, ont été arrêtés individuellement fin août / début septembre 2025. Les chefs d’accusation : « incitation à la violence » (article 160 du Code pénal) et infractions à la loi ITE (articles 28(3) et 45A(3) sur la diffusion de contenus « haineux » ou interdits), avec des peines potentielles de 6 à 12 ans de prison.
Muhammad « Paul » Fakhrurrozi a été libéré sous caution le 24 octobre 2025, mais reste sous le statut de suspect ; son dossier judiciaire n’est pas clos.
Les sept autres (Delpedro Marhaen Rismansyah, Muzaffar Salim, Khariq Anhar, Syahdan Husein, Wawan Hermawan, Saiful Amin et Shelfin Bima Prakosa) ont été renvoyés en jugement à Jakarta et dans d’autres villes. Leur procès, entamé en janvier 2026, se poursuit toujours. Une demande de mise en liberté provisoire a été rejetée début janvier ; ils restent détenus (notamment au centre de Salemba pour plusieurs).
Amnesty International, dans ses mises à jour de janvier 2026, qualifie ces procédures de « persécution judiciaire pure et simple » contre l’exercice pacifique de la liberté d’expression et de réunion. L’organisation exige l’abandon total des poursuites et la libération inconditionnelle.
Des enquêtes indépendantes sur les violences policières et les décès ont été ouvertes par des commissions nationales et des ONG, mais les résultats concrets restent minces : peu de responsables poursuivis, et la répression semble s’être institutionnalisée pour décourager toute nouvelle mobilisation.
Cette affaire soulève de graves préoccupations quant à la liberté d’expression et de réunion pacifique en Indonésie. L’utilisation de dispositions pénales larges pour sanctionner des activités civiques pacifiques contribue à restreindre l’espace démocratique.

Nous PCV appelons :
  1. à l’abandon des poursuites engagées pour l’exercice pacifique des droits fondamentaux
  2. à la libération des personnes détenues arbitrairement
  3. à des enquêtes indépendantes et effectives sur les allégations d’usage excessif de la force
  4. au respect des obligations internationales de l’Indonésie en matière de droits humains
Sources principales

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